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Apprendre ensemble et partager leurs expériences sur la gouvernance de la Couverture Sanitaire Universelle, c’est dans ce contexte que les acteurs de la CSU du Bénin, du Burkina-Faso et du Togo se sont réunis dans un atelier virtuel le mercredi 29 septembre 2021. Les échanges entre pairs ont permis de définir un agenda d’apprentissage commun à ces trois pays de la sous-région autour duquel ils partageront leurs expériences et apprendront les uns des autres.

L’atelier régional d’apprentissage pour la couverture sanitaire universelle a regroupé une quarantaine d’acteurs tous mobilisés pour les questions de santé publiques. Coorganiser par les responsables projet ACS par pays, l’atelier d’apprentissage a rassemblé les partenaires du projet ACS qui sont des organisations telles que : Result For Develpment (R4D), Amref Health Africa, le Centre de Recherche en Reproduction Humaine et Démographie (CERRHUD), le Réseau d’Accès aux Médicaments Essentiels (RAME), le centre de Recherche pour la Santé et le Développement (RESADE) et Uganda Healthcare Federation (UHF).  

A l’entame de l’atelier, Mme Alison Kelley coordonnatrice internationale du projet ACS a éclairé les participants sur les objectifs dudit atelier d’apprentissage. Il a s’agit : d’aligner les compréhensions de tous sur le concept de boucle régionale d’apprentissage mutuel, de mettre en contact les pays d’apprentissage, d’identifier les thématiques autour desquelles les trois pays vont mener des activités d’apprentissage enfin, de définir les modalités des futures interactions régionales.

 Pourquoi apprendre avec les paires sur la CSU ?

 L’apprentissage se définit selon David Garvin,  comme un processus par lequel une organisation/un système crée, acquiert et transfère des connaissances en son sein, et modifie son fonctionnement en fonction des nouvelles connaissances et idées. En effet, en l’absence d’apprentissage, les organisations – et les individus – ne font que répéter les anciennes pratiques. Les changements restent superficiels et les améliorations sont soit fortuites, soit éphémères.

La présente boucle d’apprentissage permettra aux acteurs de la CSU du Bénin, du Burkina-Faso et du Togo d’apprendre mutuellement et de façon systématique autour des thématiques d’intérêt commun et d’y partager leurs expériences.

 Au cours d’un panel, chaque pays a énuméré les initiatives engagées par son pays pour permettre aux populations d’avoir accès facile aux soins de santé et á moindre coût.

Monsieur Christian Martin qui a représenté le Bénin au cours du panel a expliqué que le Bénin a mis en place le Régime Assurance Maladie Universelle (RAMU) avant 2016. En 2019 le Bénin a avancé vers un nouveau programme qui est celui de l’Assurance pour le Renforcement de Capital Humain ARCH qui comporte quatre volets dont l’assurance maladie, l’assurance retraite, le micro-crédit et la formation. 

 Le Burkina-Faso à son tour a donné les avancés faites par son gouvernement dans sa vision d’atteindre la couverture sanitaire universelle. A cet effet, Mr Tassembedo Mahamadi qui s’est exprimé au nom du Burkina-Faso a expliqué qu’en 2015 le gouvernement a mis en place la gratuité des soins de santé au profit des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes. Ce processus est en cours d’évolution pour couvrir les personnes âgées également. En outre il y a eu la création d’une caisse d’assurance maladie universelle avec la définition d’un certain nombre de paquet. Ce paquet permettra de définir les différentes contributions pour aller à la CSU.

Par ailleurs, en terme du renforcement du système de santé il sera question de définir la charge du travail avec l’outil de l’OMS pour apprécier l’effort du personnel de santé ; affecter les personnes nécessaires pour la mise en œuvre des activités ; revaloriser la fonction du personnel de santé ; adoption de la loi sur la fonction publique hospitalière.

En termes de technologie et de médicaments, il sera créé une agence de régulation des produits pharmaceutiques pour coordonner les missions de régulation du secteur de la santé ; la pharmacie hospitalière pour délivrer les médicaments aux malades. Pour améliorer la qualité des prestations le programme d’accréditation des formations sanitaires est mis en place par l’État burkinabé. 

Le Togo quant-à lui a engagé des initiatives pour atteindre aussi la CSU. Monsieur Elôm Batchi a affirmé que le gouvernement Togolais a mis en place sur le plan politique, le Plan National de Développement (PND) qui vise à étendre la couverture maladie universelle (CMU) a tous les ménages. Ensuite, le Plan Togo 2025, a permis de mettre en place le projet CSU qui a pour but de couvrir 60% de la population togolaise en 2025.

Sur le plan institutionnel, on note entre autre la création d’un ministère délégué chargé de l’accès universel aux soins ; suivie de la mise en place du Programme CSU au sein dudit ministère ; la mise en œuvre du programme Services de Santé Essentiels de Qualité pour la Couverture Universelle (SSEQCU) ;  l’adoption du projet de loi Couverture Maladie Universelle (CMU) en conseil des ministres le 9 septembre 2021 ; la mise en œuvre du Programme national de prise en charge de la femme enceinte et du nouveau-né (WEZOU) ; la mise en œuvre du Programme School Assur (assurance maladie scolaire pour les apprenants du public) ; la mise en œuvre du Projet de Mécanisme d’Assurance Maladie du Secteur Informel et de la prise en charge des Nécessiteux(PMAMSIN) ; l’élaboration de la politique nationale de protection sociale ; le lancement des chantiers d’outils d’appui à la CSU : registre social unique et l’identification biométrique

Il faut ajouter à cela les programmes de subvention et de gratuité en santé qui existaient, l’assurance maladie des agents publics, l’assurance maladie des bénéficiaires du Fonds national de la finance inclusive.

Par ailleurs, pendant les échanges, les participants ont expliqué les principaux objectifs politiques que vise chaque pays de même que les grands défis liés à la gouvernance de la CSU dans leurs pays.

L’apprentissage selon Meessen et al, 2019 est la capacité pour des acteurs interconnectés de tirer des enseignements/leçons de leurs actions et de celles des autres. Selon David Garvin, Harvard Business review, 1993 c’est le Processus par lequel une organisation/un système crée, acquiert et transfert des connaissances en son sein, et modifie son fonctionnement en fonction des nouvelles connaissances et idées. La question de l’efficacité de l’apprentissage se pose. Certes, chaque pays doit définir sa propre approche pour la CSU, compte tenu de son contexte et de son point de départ. Mais aucun pays n’est tenu de répéter les erreurs des autres.

L’apprentissage régional présente donc des avantages tels que : Se soutenir mutuellement ; apprendre ensemble ; partager les connaissances et expériences ; Construire un écosystème sous-région au plus fort pour la santé et la protection financière. Il est donc impérieux selon les acteurs de la CSU d’intégrer l’apprentissage á leurs différentes actions concourantes vers de la CSU. Un apprentissage systémique ou organisationnel serait adaptable. Nous parlerons donc d’une boucle régionale d’apprentissage mutuel. Au sein de la boucle, il s’agira d’identifier les questions d’intérêt partagé /problèmes non résolus au niveau régional ; identifier les activités nécessaires à l’apprentissage au niveau national ; élaborer/intégrer un agenda d’apprentissage au niveau national ; Conduire les activités d’apprentissage, documenter et faire le suivi ; enfin partager les leçons apprises, les expériences au niveau régional. 

Composante de l’agenda d’apprentissage

L’agenda d’apprentissage comporte un ensemble de questions portant sur les déficits de connaissance critiques, empêchant une prise de décision éclairée dans la conception et la mise en œuvre d’une réforme ou d’une nouvelle politique. Les réponses à ces questions permettent aux acteurs de travailler plus efficacement. Il comprend aussi, une planification des activités d’apprentissage pour aider à répondre à ces questions en identifiant les différentes méthodes d’apprentissage requises pour chaque activité, en plus les échéances et les ressources.

Sur le plan national, il s’agira de développer des questions d’apprentissage, de les classer par ordre de priorité, de définir les activités correspondantes aux questions et de s’assurer qu’il y a un budget pour soutenir ces activités.

Sur le plan régional, il s’agira d’identifier des thématiques d’intérêt commun ; de comprendre comment ces thématiques s’intègrent dans le contexte des pays ; de mieux préciser les questions d’apprentissage ; de déterminer les activités d’apprentissage et rechercher les ressources.

A cet effet, les différents participants à cet atelier se sont mis en sous-groupe de travail pour décider ensemble des thématiques d’apprentissages prioritaire pour l’atteinte de la CSU dans les pays du Benin, du Burkina-Faso et du Togo.    

Les organisateurs de l’atelier ont remercié à la fin des activités tous les participants á cette rencontre de travail virtuelle. Une prochaine session est prévue pour janvier 2022 pour poursuivre les travaux de recherche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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