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L’Uganda Healthcare Federation (UHF) a mis la journée du 04 novembre 2021 à profit pour présenter aux acteurs de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) de l’Ouganda, le rôle capital de la société civile et du secteur privé dans la progression vers la CSU en Afrique. Les échanges ont eu lieu au cours d’un atelier virtuel qui a regroupé environ 150 acteurs de la CSU en Ouganda et d’autres pays Africains. Deux grandes présentations ont meublé les échanges et portaient sur : Le programme de la théorie du paradis et de l’enfer : une théorie centrée sur la gouvernance des systèmes de santé pour analyser la dynamique vers la CSU, par Dr Luc M. Kouwanou (CERRHUD, Bénin) et l’Engagement de la société civile pour accélérer la couverture sanitaire universelle grâce au suivi stratégique citoyen des politiques de santé (2SCPS) » par Hamidou Ouedraogo (RAME, Burkina Faso).

Mais avant, le  Dr Sarah Byakika du Ministère de la Santé de l’Ouganda a présenté á l’assemblée dans une vidéo informative les progrès dans la feuille de route de l’Ouganda pour atteindre la CSU.

L’Uganda Healthcare Federation est une plateforme du secteur privé qui se donne la tâche d’impliquer les acteurs du secteur privé ougandais dans le processus de la couverture sanitaire universelle. Cette plateforme a partagé pendant trois (3) heures avec les participants, l’expérience en matière de santé en Ouganda, les actions que mène la plateforme et ses partenaires pour améliorer la santé de la population et le progrè vers la CSU en Afrique.

Dr Sarah BYAKIKA, commissaire à la planification et à la politique de financement au ministère de la santé de l’Ouganda, a présenté au public les approches et stratégies vers la couverture sanitaire universelle en Ouganda.  En effet, atteindre la CSU signifie que « toutes les personnes en Ouganda ont un accès équitable à des services de santé complets et de qualité, ainsi qu’à des services connexes, sans contraintes financières – tous fournis dans une approche multisectorielle ».

Pour se faire, le ministère de la santé ougandaise a élaboré et met en œuvre, depuis 2018, une feuille de route pour la CSU. Les défis qui ont conduit à l’élaboration de cette feuille de route sont énormes et dans tous les secteurs sociaux. Six actions stratégiques ont été élaborées par le gouvernement pour soutenir la réalisation rapide de la couverture sanitaire universelle en Ouganda. Il a s’agit de : (1) développer la promotion de la santé au niveau communautaire ; (2) élaborer et rendre opérationnels des programmes multisectoriels intégrés viables à l’échelle nationale ; (3) améliorer la qualité, la disponibilité et l’étendue des services de soins de santé essentiels et de plus en plus spécialisés ; (4) soutenir l’amélioration des systèmes de santé ; (5) déterminer la bonne combinaison de sources de financement autour de laquelle structurer un système de couverture universelle. (6) renforcer la prestation décentralisée des services de santé qui doit bénéficier d’une plus grande priorité en matière de ressources et de développement des capacités.

Le Directeur Exécutif National du Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME) au Burkina Faso Hamidou OUEDRAOGO a quant-à lui présenté l’engagement de la société civile du Burkina Faso pour accélérer la CSU à travers le suivi stratégique citoyen des politiques de santé. Trois grands points ont essentiellement meublé cette présentation, à savoir : le cadre et la contribution de la société civile à l’amélioration de la performance du système de santé ; les défis de l’engagement de la société civile pour la CSU en Afrique de l’Ouest ; les leçons apprises dans la mobilisation de l’engagement citoyen pour la CSU.

La redevabilité : qu’est-ce que c’est et comment participe-t-elle aux progrès vers la CSU ?

Si les acteurs de la société civile des pays Africains prennent la responsabilité désormais de participer au processus de la couverture sanitaire universelle dans leur pays, que doivent-ils faire ?

Dr Luc Kouwanou, médecin et spécialiste en santé publique, assistant de recherche au CERRHUD à travers la présentation de la Théorie de Programme du Paradis et de l’Enfer  a montré le rôle clé que joue la redevabilité dans la réussite des processus visant à atteindre la CSU.

Quand il parle de redevabilité, il la réfère à l’« obligation pour les individus ou les organismes de fournir des informations sur leurs actions et/ou de les justifier à d’autres acteurs (obligation de rendre des comptes), ainsi que l’imposition de sanctions en cas de non-respect des règles et/ou d’actions appropriées ». Selon l’auteur de l’article Accountability and health systems : toward conceptual clarity and policy relevance, DERICK W. BRINKERHOFF, il existe 3 types de redevabilité : la redevabilité financière, la redevabilité de performance, la redevabilité politique ou démocratique.

Appelée Heaven and Hell Théorie of Program en anglais (HHTP), la Théorie de Programme du Paradis et de l’Enfer est basée sur les interactions entre les différents acteurs d’un système de santé qui sont représentés sous forme d’un triangle. Ces acteurs clés sont les décideurs politiques, les prestataires de services au système de santé et les populations, potentiels bénéficiaires des services. La redevabilité s’illustre comme un élément important qui détermine la qualité les interactions entre les différentes parties ainsi que les résultats de santé. Sans une bonne culture de redevabilité, aucun système de santé ne peut fonctionner de façon optimale et la marche vers la CSU se verrait ralentie.

Pour tester la cohérence et la pertinence de cette théorie, il a fallu l’appliquer dans divers pays et dans divers contextes. A cet effet, la plateforme Africaine Collaborative pour des Solutions de financement en santé (ACS) utilise actuellement cette théorie pour comprendre la gouvernance en santé dans certains pays de l’Afrique et pour concevoir des interventions adéquates afin de soutenir l’accélération des progrès que font les pays africains pour améliorer la qualité des soins de leurs populations.

L’ACS utilise la HHTP aussi pour identifier les domaines clés dans lesquels l’apprentissage transnational sur la gouvernance pour la CSU au Bénin, au Togo et au Burkina Faso peut relever les défis et stimuler les progrès.  La HHTP a fourni un cadre systématique permettant d’identifier les principaux défis en matière de gouvernance et de formuler des hypothèses sur les causes profondes de ces défis. L’utilisation de ce cadre a également permis d’identifier sept domaines d’apprentissage clés pour la gouvernance pour la CSU : les approches pour identifier les parties prenantes clés et les analyser ; les approches pour améliorer l’architecture des systèmes de santé ; les approches pour améliorer les lois et les règles ; les approches visant à améliorer l’expression et la participation des différentes parties prenantes ; les méthodes de production, de compilation, d’analyse et d’utilisation des informations et des renseignements pour une meilleure prise de décision ; les approches visant à améliorer la redevabilité ; et enfin les approches visant à améliorer la mobilisation des ressources.

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